Va-t-on pouvoir parler sereinement de sourcing en 2016 ?

Une campagne conduite par la NOA (National Outsourcing Association, l’EOA britannique), « Outsourcing Works » produit ses effets. Le concept d’outsourcing est accepté comme une approche permettant à une entreprise d’optimiser ses ressources, essentiellement en trois temps. Le concept d’outsourcing est accepté comme une approche permettant à une entreprise d’optimiser ses ressources, essentiellement en trois temps :
  • identifier les activités que l’entreprise doit faire, et se doter de ressources pour bien les faire,
  • détecter et sélectionner les meilleurs partenaires pour faire les autres activités,
  • piloter les relations avec les partenaires-prestataires avec une gouvernance adaptée

Cela parait assez simple, mais en réalité une démarche d’organisation des ressources externes, fondée sur une véritable stratégie de sourcing, est rare en France. Le recours à une ressource externe est trop souvent opportuniste, et l’objectif est de chercher un « sous-traitant ».

Peut-on expliquer cela ? Ce billet donne quelques clés de lecture.

 

L’outsourcing est beaucoup plus qu’une méthode capitaliste de réduction des couts.  

Les points ci-dessous donnent des exemples de la mauvaise externalisation :

  • trouver des sous-traitants les moins chers possibles pour absorber la charge qu’on n’arrive pas à réaliser en interne et en même temps réduire les coûts
  • perdre son savoir faire en le donnant à un sous-traitant « low-cost »
  • sélectionner des prestataires offshore et licencier les employées faisant ces activités
  • sélectionner un prestataire local et y transférer les employés concernés
  • signer des contrats à courte durée avec des pénalités lourdes en cas de dérive
L’outsourcing présente beaucoup d’autres intérêts.   

Il existe des signes que l’externalisation devienne plus acceptable, offrant un moyen de mieux atteindre ses objectifs; ces deux articles a propos des ressources humaines le démontrent :

Le fond de ces deux articles repose sur une amélioration de l’agilité de la fonction RH et aussi de l’entreprise.
L’outsourcing contribue à : 
  • l’efficacité (faire faire certaines activités par des spécialistes, par exemple la paie)
  • une meilleure réponse aux sollicitations toujours croissantes (mobilité, conditions de travail, formations… )
  • l’intégration des nouvelles technologies (digitalisation des processus, Big Data, e-learning, dématérialisation des dossiers…) grâce au savoir faire expert de son partenaire
  • la gestion optimisée des ressources (systèmes d’information RH permettant de mieux gérer les talents et les carrières)
Ces éléments d’agilité vont permettre aux entreprises performantes de mieux répondre aux challenges de compétitivité (et même de survie) dans un monde où la rapidité des changements ne cesse d’augmenter. Toute réflexion stratégique sur ces challenges doit intégrer une analyse Make-or-Buy afin d’évaluer la capacité de réalisation par les ressources internes comparée à celle d’une ressource externe.
Ce regard lucide, serein, est possible dès 2017. Pour certains, le faire en 2018 sera trop tard.